
Le Mage du Kremlin
France, O. Assayas, 2026




Note : 3.5 / 5 – Bien
Le travail d’adaptation du roman éponyme a sans doute obligé le réalisateur Olivier Assayas à conserver la structure narrative du livre. Pourtant, la contrainte de condenser un tel ouvrage dans un long-métrage, aurait dû lui imposer des coupes importantes. Il y en a sans doute, mais est-ce que le sujet principal du film n’aurait pas dû être l’ascension du « tsar », plutôt que le rôle joué par cet obscur mage du Kremlin ? Le début du film pâtit de cet écueil. En effet, le parcours initiatique du héros, avant sa rencontre fatidique avec le futur dirigeant russe, ne s’avère guère passionnante. C’est seulement ensuite qu’Olivier Assayas nous captive et nous tient en haleine deux heures durant avec l’ascension inéluctable du monstre du Kremlin vers un pouvoir sans limite. Les trois interprètes principaux, Paul Dano, Jude Law et Alicia Vikander, réalisent des interprétations très convaincantes et participent donc pleinement à la réussite globale du film. L’acteur américain Paul Dano, omniprésent à l’écran, est crédible en conseiller russe même si ses sentiments personnels auraient mérité plus de clarté dans le final. La prestation de Jude Law était la plus attendue et la plus à même à être critiquée, mais l’acteur britannique s’en tire avec les honneurs. Le quasi mimétisme qu’il nous propose dans son interprétation du dirigeant russe s’avère vraiment bluffant. Quant à Alicia Vikander, on a plaisir à retrouver la talentueuse actrice suédoise dans un rôle d’importance. Malgré quelques longueurs, le long-métrage nous propose une description implacable et étourdissante des méthodes politiques qui règnent aux portes de l’Europe aujourd’hui.R.M.