
Hamnet
USA/GB, C. Zao, 2026




Note : 4 / 5 – Très Bien
Difficile d’évaluer le film de Chloé Zao tellement le début du long-métrage s’oppose diamétralement à son final. En effet, l’épilogue est aussi exceptionnel que le commencement est laborieux. Cela offre certes un récit qui possède un crescendo dramatique plaisant. Mais la première heure du film à l’ambiance terne et au rythme apathique est difficile à avaler. C’est seulement quand les personnages sont enfin bien introduits que le rythme s’accélère, que les drames frappent la petite famille et que le secret paternel, révélé dans l’épilogue final, nous cloue sur place. La séquence terminale est un moment de grâce, un tour de force visuel et un sommet d’émotion. La réalisatrice s’est appuyée malignement sur la musique iconique de Max Richter pour enjoliver ce final transcendant. Le film a le mérite de nous faire apercevoir le talent d’interprète de Paul Mescal, qu’on n’avait guère pu voir dans la suite de Gladiator. L’acteur irlandais excelle en peu de mots et son charisme naturel fait merveille. Mais c’est la prestation de Jessie Buckley qui fait surtout sensation. La révélation du film est cette actrice irlandaise qui incarne la femme de William Shakespeare avec une intensité peu commune. Les aspirations ésotériques de son personnage en début de film sont oubliables, mais ses combats pour sa famille s’avèrent ensuite déchirants. Dans une époque où la mort rodait partout, les épidémies étaient ravageuses, elle incarne une femme qui fait front avec une foi contagieuse. R.M.