Le Chant des Forêts

Le Chant des Forêts

France, V. Munier, 2025
Note : 3.5 / 5 – Bien

Vincent Munier avait atteint la quasi perfection avec son premier long-métrage documentaire, La Panthère des Neiges. Bien aidé par l’écrivain voyageur Sylvain Tesson, il avait su ajouter au documentaire animalier traditionnel une poésie formidable. Cette fois, point de Sylvain Tesson, mais seulement lui, son père et son fils. Forcément on y perd un peu en lyrisme. Pourtant, l’aspect filial et l’idée de transmission intergénérationnel est très belle à voir. De génération en génération ces trois hommes se transmettent le sens de l’observation de la nature, et leurs désirs d’essayer de préserver le monde sauvage à tout prix. Mais le film est beaucoup moins bavard que son prédécesseur et laisse beaucoup de place à la contemplation sans commentaires. La musique de Warren Ellis et Nick Cave est une nouvelle fois parfaite et vient donner une touche d’onirisme supplémentaire au documentaire. Malgré tout, les Vosges ne sont pas un cadre naturel hyper excitant pour un documentaire animalier, d’autant plus que tout semble tourné dans des conditions météo souvent médiocres. Cela donne une teinte très sombre au film, ce qui ne lui rend pas grâce. Pourtant certaines séquences sont visuellement splendides, mises en scène comme de véritables tableaux de maîtres. Dans ces moments de grâce, les animaux, la végétation et la lumière font corps dans de somptueuses fresques visuelles. Le fil rouge du documentaire, la quête du Grand tétras, est également fascinante. Même si on ne confine pas au sublime et on n’atteint pas l’émotion de La Panthère des Neiges, Vincent Munier nous offre un moment suspendu à savourer.R.M.