
La Corde au Cou
USA, G. Van Sant, 2026




Note : 3.5 / 5 – Bien
Voilà un film insolite qui prend parti ouvertement pour le méchant de l’histoire. Il fallait oser et Gus Van Sant l’a fait. Il nous narre l’histoire de cet américain qui, en 1977, a kidnappé le fils du courtier responsable de sa situation financière inextricable. Pour bien nous projeter dans le contexte de l’époque le réalisateur intercale de manière judicieuse des séquences filmées à la manière des prises de vues de l’époque. Il le fait sans doute car la prise d’otage avait alors été massivement relayée par les médias locaux et nationaux. Cela nous donne l’impression d’être à la fois spectateur de l’évènement, tout en ayant l’opportunité d’être aussi de l’autre côté de l’écran. Bill Skarsgård réalise une prestation très convaincante pour un rôle pas facile dans lequel il se trouve souvent à la limite de la folie, sans jamais pour autant basculer complètement de ce côté-là. Du coup, le récit, en le préservant d’une totale aliénation, nous le rend plutôt sympathique et nous permet de nous identifier plus ou moins à lui. En tout cas, on comprend facilement le message de lutte contre le cynisme ultra libéral que le réalisateur et son interprète veulent nous faire passer. On a plaisir à retrouver Colman Domingo au casting mais son rôle s’avère finalement assez accessoire. Al Pacino fait lui une apparition beaucoup plus marquante et on regrette que son personnage n’ait pas eu plus de place dans le film. L’épilogue, plutôt surprenant, conclu adroitement ce long-métrage qui mérite d’être vu.R.M.