Gourou

Gourou

France, Y. Gozlan, 2026
Note : 3 / 5 – Pas Mal

Pierre Niney, dans son nouveau rôle de producteur, s’offre donc le premier rôle omnipotent du nouveau long-métrage de Yan Gozlan. Le duo formé par ces deux-là, dans Boîte Noire, avait déjà produit un cinéma efficace mais bancal sur le plan scénaristique. On prend ici les mêmes ingrédients, et on recommence. Pierre Niney fait le job : omniprésent à l’écran, il semble prendre un malin plaisir à incarner ce coach de vie personnelle, star des réseaux, avec tous les excès qui l’accompagne. Du côté des seconds rôles, difficile de trouver des satisfactions. Marion Barbeau, peu convaincante, ne prend pas le risque de faire de l’ombre à Pierre Niney. Les autres, que ce soit le rôle du frère imbu ou celui du chauffeur envahissant, sont souvent bien trop caricaturaux. Seul Anthony Bajon, en victime expiatoire, nous offre une séquence assez hallucinante en milieu de film. La seconde partie du film nous offre des séquences qui semblent orienter le film vers le thriller. Quand cela commence à être efficace, l’option scénaristique est étonnamment abandonnée, en tout cas ce n’est pas la direction retenue dans un final plutôt décevant. Les thématiques du film, qui traitent les questions du développement personnel, des réseaux sociaux et de l’emprise psychologique, sont souvent abordées avec justesse. En tout cas, cela pousse à la réflexion sur ce vers quoi tend certaines pratiques d’influence dans la sphère numérique et au-delà. Malheureusement le trait est parfois tellement gros que cela pousse plutôt à rire, que réellement s’émouvoir de potentielles dérives sectaires. Il aurait fallu une mise en scène plus subtile et des décors moins tape-à-l’œil pour éviter cet écueil. R.M.