Les Rayons et les Ombres

Les Rayons et les Ombres

France, X. Giannoli, 2026
Note : 4 / 5 – Très Bien

Le nouveau long-métrage de Xavier Giannoli a beau avoir de nombreuses qualités, sa durée de près de trois heures et vingt minutes est le principal écueil sur lequel va buter le potentiel succès du film. En effet, étirer autant en longueur l’histoire de Jean Luchaire et de sa fille n’apporte finalement pas une grande valeur ajoutée au récit. Malgré tout, le sujet est passionnant, les interprètes brillants et la mise en scène impeccable. Le réalisateur nous offre une plongée dans la France collaborationniste comme on ne l’avait jamais vu auparavant. Évidemment, cela fait réfléchir et cela met aussi souvent mal à l’aise. En effet, on est parfois amené à se demander si le long-métrage ne prend pas le risque d’une trop grande complaisance avec ce qu’ont été les actes de ce journaliste qui a collaboré avec l’occupant nazi. Le final, dans lequel le formidable Philippe Torreton incarne un procureur, nous offre des réponses à nos interrogations, mais semble s’opposer au reste du récit. La jeune Nastya Golubeva est la révélation du film. Elle semble pourtant très en retenu au début avant que son interprétation parvienne à exprimer toute la complexité de son personnage. Jean Dujardin a lui la délicate mission d’incarner le collabo. Il s’en tire avec les honneurs mais la prestation la plus marquante du long-métrage est à mettre au crédit d’August Diehl. L’acteur allemand incarne l’ambassadeur Otto Abetz avec une éloquence glaçante. Au final, Les Rayons et les Ombres est un film historique d’une indiscutable audace nous offrant le meilleur de ce que le cinéma français est capable de produire.R.M.