
Marty Supreme
USA, J. Safdie, 2026




Note : 4 / 5 – Très Bien
Après avoir collaboré avec son frère, Joshua Safdie nous propose, avec Marty Supreme, un film nerveux et emballant, à la mise en scène audacieuse et à la bande originale enthousiasmante. Censé nous parler de la carrière d’un joueur de tennis de table, le long-métrage laisse finalement à ce sport un rôle assez secondaire dans le film. En effet, l’élément central du récit est la personnalité follement arriviste et irrévérencieuse du héros, à savoir Marty Mauser, joueur américain de ping-pong des années cinquante. Il faut un grand acteur pour incarner un personnage aussi sûr de lui et Timothée Chalamet nous offre une interprétation épatante. Menteur, charmeur, bluffeur, il passe par chacun de ces rôles à la vitesse de la lumière. Son personnage est orignal car on éprouve assez peu d’empathie pour lui, étant donné qu’il passe son temps à tromper presque tout son monde. C’est peu commun dans les scénarios aujourd’hui de tout miser sur un type pas très sympa et le long-métrage a l’audace de le faire. Joshua Safdie met en scène des séquences assez stupéfiantes, dans lesquelles il est capable de mélanger des notes d’humour avec de la violence brute. Il emballe souvent ces séquences avec des hits musicaux, cela nous offre des moments de cinéma assez divins. Les personnages secondaires sont soignés : Gwyneth Paltrow s’avère fort convaincante en actrice sur le déclin, et le réalisateur offre à Abel Ferrara un rôle de méchant qui a de la gueule, dans tous les sens du terme. Il n’y a que quelques longueurs et des enjeux finalement bien maigres pour ne pas faire de Marty Supreme un film encore plus génial. R.M.