
Nouvelle Vague
France, R. Linklater, 2025




Note : 4 / 5 – Très Bien
Le film de Jean-Luc Godard À Bout de Souffle est sorti il y a plus de soixante-cinq ans et ne parlera qu’aux cinéphiles érudits. Ce long-métrage a marqué l’histoire du cinéma, dans la période dite de la nouvelle vague, et Richard Linklater nous propose de nous replonger dans la fabrication du film en simulant une sorte de making-of ultra réaliste, comme s’il avait été tourné à l’époque. Le tour de force visuel et donc technique est remarquable. Les reconstitutions sont tellement épatantes que, lorsque le réalisateur inclus des images d’époque, on ne perçoit pas la différence avec celles tournées récemment. Le noir et blanc, le format de l’image et son grain, tout y est ! On est aussi projeté dans les rues de Paris en 1959 de manière assez bluffante. Et puis surtout, pour les amateurs de la fabrication des films, on découvre les coulisses de la production et de la réalisation du long-métrage, avec tous les choix, à la fois improbables et terriblement innovants, que Godard avait mis en œuvre dans sa toute première réalisation. Cette mise en abîme s’avère captivante, et n’est pas sans nous rappeler ce que nous avait proposé Michel Hazanavicius avec The Artist, dans une époque encore plus éloignée. Richard Linklater a aussi eu l’audace de confier les premiers rôles à deux acteurs novices, bien évidemment totalement inconnus, Aubry Dullin dans le rôle de Belmondo et Guillaume Marbeck dans le rôle de Jean-Luc Godard. Ce dernier réalise une prestation parfaite ! Il est drôle et iconoclaste. Il a tout Godard, l’accent, la gestuelle et l’audace. C’est clairement la révélation et le coup de cœur de ce film qui reste, malgré tout, réservé à un public averti.R.M.