Rue Málaga

Rue Málaga

Esp, M. Touzani, 2026
Note : 3.5 / 5 – Bien

Le long-métrage de Maryam Touzani nous offre un dépaysement fort agréable qui nous sort un temps de l’habituel microcosme parisien auquel le cinéma français nous habitue tant. La réalisatrice nous offre une plongée dans les rues du centre-ville de Tanger et tout est là pour parfaire la carte postale touristique du lieu. On a le rendu visuel, l’ambiance sonore des rues commerçantes, l’appel du muezzin, et on aurait presque aussi les senteurs enivrantes des étals des marchés. La prestation impeccable de Carmen Maura est l’autre point fort du film. La comédienne, une des plus grandes actrices espagnoles de l’histoire, s’empare de ce rôle de mère abandonnée avec une vraie conviction. Elle est parfaitement crédible tout au long du récit et elle sait être parfois drôle mais s’avère surtout émouvante et pleine de sensibilité. On adhère à cent pour cent à son combat pour conserver son autonomie et on comprend totalement l’attachement au lieu dans lequel elle vit depuis si longtemps. Cet aspect du long-métrage, l’enracinement géographique, est l’idée forte du scénario. En la combinant avec les thématiques des relations mère-fille et de l’autonomie des personnes âgées, cela fait du scénario une très intéressante proposition offrant de multiples pistes de réflexions pour le spectateur. Par contre, les seconds rôles sont loin d’être convaincants. Aussi bien l’actrice qui incarne sa fille que l’acteur qui incarne l’antiquaire, ils réalisent des prestations assez ternes. Carmen Maura est donc bien seule à porter le film sur ses épaules et l’épilogue ne s’avère pas non plus des plus emballant.R.M.