
L’Abandon
France, V. Garenq, 2026




Note : 3 / 5 – Pas Mal
Le titre du long-métrage de Vincent Garenq ne se confirme pas vraiment dans le récit que le réalisateur nous propose. En effet, on y découvre un Samuel Paty qui n’a pas été abandonné par tout le monde. La proviseure de son collège, incarnée par une formidable Emmanuelle Bercot, s’est démenée et a fait tout son possible pour aider le professeur. On découvre aussi qu’il existe un référent laïcité qui est également venu aider à gérer le problème. Et plein d’autres organismes se sont aussi mis en branle pour tenter de faire en sorte d’éteindre l’incendie généré par un cours d’éducation civique mené maladroitement. Et même certains collègues du professeur d’histoire ont tenté de l’assister dans ces quelques jours précédents le drame. Malgré tout, le risque n’a pas su être parfaitement évalué, et l’empilement administratif n’a pas aidé à prendre la pleine mesure du risque. Et le drame a finalement eu lieu. Le long-métrage s’avère très factuel et linéaire chronologiquement. On est donc assez proche du format docu-fiction, ce qui laisse bien peu de place aux émotions. Pourtant Antoine Reinartz nous offre une prestation vraiment remarquable. On ne pouvait guère imaginer une incarnation aussi juste de Samuel Paty. Malheureusement, lui et Emmanuelle Bercot sont un peu abandonnés par le reste du casting. En effet, les rôles secondaires réalisent des prestations très ternes, presque caricaturales. Le film nous laisse donc sur un sentiment d’hommage inachevé.R.M.