
Le Vertige
France, Q. Dupieux, 2026




Note : 3.5 / 5 – Bien
Encore une fois, Quentin Dupieux étonne ! C’est d’abord la forme qui surprend. En effet, le style d’animation hérité des jeux vidéo des années quatre-vingt dix rappellera, à tous ceux ayant connu les jeux de cette époque, des souvenirs pleins de nostalgie. Évidemment de tels graphismes paraissent d’une laideur insondable aujourd’hui. Alors, qu’il y a vingt-cinq ans, ce rendu était ce qu’il se faisait de mieux. Le réalisateur sait parfaitement s’amuser des aberrations visuelles générées par de telles images. Dans les contacts entre les personnages, les déplacements, ou les interactions avec les objets, tout est fait pour nous rappeler les bizarreries qu’on constatait déjà à l’époque un sourire au coin du visage. Ce rendu, qui fait tout de suite penser aux célèbres Sims, n’est évidemment pas très agréable à voir sur grand écran, mais Quentin Dupieux sait, comme toujours, ne pas étirer trop en longueur l’exercice et nous propose un format d’environ une heure bien adapté à son idée. Dans le fond, il y a aussi pas mal de choses intéressantes dans le scénario de Dupieux. D’abord de l’absurde et des personnages bien barrés, puis le réalisateur nous propose quelques thématiques bien dans notre époque. À savoir, le complotisme, la vanité ou encore la superficialité. En singeant les smartphones, leurs vendeurs et leurs usagers, Quentin Dupieux tape juste ! Vocalement, Jonathan Cohen et Alain Chabat font parfaitement le job. Ils sont les personnalités idéales pour incarner ce naïf complotiste, et ce cartésien opportuniste.R.M.