
Fjord
Roumanie, C. Mungiu, 2026




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Note : 3 / 5 – Pas Mal
Les films lauréats de la Palme d’Or font rarement l’unanimité ces dernières années, et le long-métrage de Cristian Mungiu ne déroge pas à la règle. Œuvre très politique, Fjord ne peut laisser personne indifférent, et c’est là que réside sa principale force. En effet, le récit est là pour titiller les esprits très polarisés du moment. Mais au-delà de ces considérations sur le fond, la forme s’avère d’une redoutable efficacité. Prenant tour à tour la forme d’une chronique familiale, puis d’un thriller et enfin d’un film judiciaire, le réalisateur nous transporte avec brio d’une thématique à une autre. Certaines séquences offrent des moments de tensions palpables et sont brillamment mises en scène. Sebastian Stan et Renate Reinsve, les comédiens incarnant les deux rôles principaux, sont convaincants : ils jouent les victimes avec une sobriété confondante. Malheureusement, leurs deux enfants, les plus âgés, réalisent des prestations totalement insignifiantes. Le scénario est très manichéen : les gentils sont clairement identifiés du côté de la famille d’immigrés roumains et les méchants du côté des services de l’aide à l’enfance. Le retournement des valeurs qu’offre le scénario est une provocation qui a judicieusement porté ses fruits, offrant au film la récompense suprême du plus grand festival de cinéma au Monde. Mais il ne faut pas se laisser duper. En s’attaquant au pays, la Norvège, qui truste toutes les premières places des classements mondiaux des indices de développement humain, Cristian Mungiu ne fait pas preuve d’un grand courage et fait surtout le jeu des extrémistes des deux bords.R.M.