Digger

Digger

USA, A. G. Iñárritu, 2026
Note : 3 / 5 – Pas Mal

À défaut de s’enthousiasmer pour Digger, on peut au moins saluer tous les choix audacieux qu’a fait Alejandro González Iñárritu dans son très attendu nouveau long-métrage. Voilà une proposition de cinéma qui détonne, et qui ne ressemble à rien d’autre vu ces derniers temps ! Le problème est l’originalité jusqu’à la surdose : dans les décors, les costumes et l’éclairage, dans sa mise en scène et la direction d’acteur, et bien entendu dans son scénario baroque, le réalisateur mexicain nous abreuve de créativité jusqu’à l’overdose. Rien que le titre n’a pas de signification claire : Folie Fossile, proposé en cours de récit, aurait été plus judicieux. Il y a bien des moments forts dans le film. Notamment la grosse surprise, qui bouscule tout, et qui intervient au bout du premier tiers de l’histoire. Ou encore le discours stupéfiant de Digger Rockwell face aux députés européens, un peu plus tard dans le récit. C’est d’ailleurs dans son aspect écologique que le long-métrage se trouve être souvent le plus pertinent. Tom Cruise est convaincant dans cette séquence, mais il a quand même une fâcheuse tendance à en faire des tonnes de manière quasi constante tout au long du film. Certes, cela sent le rôle à Oscars, mais un peu de nuance n’aurait pas fait de mal au personnage qu’il incarne. Des moments enthousiasmants font suite à d’autres assez pathétiques. On est parfois dans le cartoonesque ou le grotesque, alors que d’autres séquences sont très premier degré. De plus, le style général du long-métrage semble très inspiré de ce que réalise habituellement Wes Anderson. Tout cela fait de Digger un film assez fun mais le rendu s’avère bien trop foutraque.R.M.