Moulin

Moulin

France, L. Nemes, 2026CANNES_H80
Note : 4.5 / 5 – Excellent

Après avoir fait sensation avec son premier long-métrage, Le Fils de Saul, sorti en 2015, il aura fallu attendre une dizaine d’années pour que le réalisateur hongrois László Nemes revienne sur le devant de la scène. Et c’est une nouvelle fois au festival de Cannes qu’il a présenté sa dernière réalisation. Celle-ci a pourtant, étonnamment, fait relativement peu parler d’elle. Néanmoins, le film possède des qualités indéniables. En effet, deux choses sont remarquables dans sa proposition artistique. D’abord la mise en scène et, ensuite, la composition géniale de Lars Eidinger. On savait László Nemes capable de grandes choses visuellement et de nous immerger dans des ambiances dont lui seul a le secret. Et dans Moulin, sa maitrise artistique, son sens de la mise en scène, et surtout son talent dans la création d’ambiances glaçantes permettent de rendre le long-métrage inoubliable. Il a fait le choix de concentrer le récit sur les derniers jours de la vie du célèbre résistant, donc sur sa confrontation avec Klaus Barbie. Cela ne permet pas à Gilles Lellouche d’exprimer tout son talent, puisqu’il est logiquement dans une posture mutique. Cela offre presque le premier rôle à Lars Eidinger, l’interprète allemand de l’ogre nazi. Celui-ci réalise une prestation bluffante où la froideur monstrueuse du personnage qu’il incarne transperce l’écran. On découvre aussi, avec effroi, l’enfer concentrationnaire nazi, le courage inouï des résistants français, et la peur constante avec laquelle vivaient ces derniers. Quelques séquences offrent de grands moments de cinéma, sans que jamais le film ne soit ni larmoyant, ni excessivement violent, ni trop documentaire. Un long-métrage choc !R.M.